
Il y a, dans ce numéro de mai-juin de la Revue des Deux Mondes, quelque chose de rare : une tenue. Non pas seulement une tenue éditoriale — encore que le texte d’Aurélie Julia, « Je hais, donc je suis », en donne d’emblée la mesure exacte, ferme, inquiète, presque classique — mais une tenue intellectuelle, et peut-être même morale, dans la manière d’affronter un mot qui, trop souvent, nous échappe à mesure que nous le prononçons : la haine.